Quand une installation accumule les pannes et les vieux bricolages, on finit par se demander s'il ne vaudrait pas mieux tout refaire. Ce n'est pas toujours la bonne réponse, et ça ne se décide qu'après avoir vu l'installation. Pour une vue d'ensemble des travaux, voyez aussi notre page rénovation électrique.
Quand faut-il tout refaire plutôt que réparer ?
Deux situations justifient vraiment une réfection complète.
La première, c'est une installation sous-dimensionnée un peu partout : des fils trop fins pour ce qu'ils alimentent, une cuisine sans circuits spécialisés, un seul circuit pour la moitié du logement. Reprendre ça circuit par circuit finit par coûter plus cher que de tout refaire en une fois.
La seconde, c'est la rénovation électrique lourde, quand tout le logement est en travaux. Si les murs sont déjà ouverts pour d'autres corps de métier, ou si des cloisons doivent être montées, c'est le bon moment : passer l'électricité à ce stade coûte bien moins cher que de revenir une fois les finitions faites.
L'absence de terre, en revanche, ne justifie pas à elle seule de tout refaire. Elle se règle au cas par cas : en appartement, tout dépend de l'immeuble, comme on l'explique sur notre page consacrée à la rénovation électrique d'un appartement ancien. En attendant, des différentiels 30 mA protègent les personnes, sans remplacer une vraie mise à la terre.
En dehors de ces situations, une reprise ciblée suffit le plus souvent. Notre page sur la mise aux normes électrique vous aide à distinguer ce qui relève de la sécurité de ce qui peut attendre.
Ce qu'on remplace, et la question des gaines
Dans une réfection complète, le tableau, l'appareillage (prises, interrupteurs) et tous les fils sont remplacés. Les moulures en bois et les câbles sans protection mécanique sont déposés. Les boîtes de dérivation enfermées dans les murs sont rendues accessibles ou supprimées : la norme l'impose, et ça facilitera les interventions futures.
Reste la question des gaines. Peut-on passer les nouveaux fils dans les anciennes gaines pour éviter les saignées ? Parfois, mais on ne le sait qu'en essayant, une fois le chantier commencé : une gaine peut être écrasée, trop coudée ou trop étroite pour les câbles actuels. On ne peut donc pas bâtir un devis là-dessus. Le chiffrage prévoit des chemins dont on est sûrs, selon les pièces : saignées, plinthe technique ou faux plafond.
Le déroulé d'un chantier
L'ordre est presque toujours le même.
- Le repérage : on identifie les circuits existants, on note les points à créer et on choisit avec vous l'emplacement de chaque prise et de chaque interrupteur, en fonction de l'usage de chaque pièce.
- La dépose : coupure générale, retrait de l'ancien appareillage et des câbles qui ne servent plus.
- Le passage des câbles par les chemins prévus au devis : saignées, plinthe technique ou faux plafond.
- La pose des boîtes d'encastrement, des prises, des interrupteurs et des points lumineux.
- Le tableau : répartition des circuits, protections, repérage. Le détail est sur notre page rénovation du tableau électrique.
- Les essais : continuité de la terre, déclenchement de chaque différentiel, mesure d'isolement et contrôle de chaque circuit avant la remise sous tension.
Quand toute l'installation est refaite, une attestation Consuel est nécessaire avant la remise en service du compteur. On s'en occupe.
Combien de circuits, et lesquels
Une installation correcte se juge moins au nombre de prises qu'au nombre de circuits. Un trois-pièces en compte en général entre douze et seize : plusieurs circuits d'éclairage, plusieurs circuits de prises et les circuits spécialisés. Ces derniers ont chacun leur ligne et leur protection : lave-linge, lave-vaisselle, four, plaque de cuisson en 32 A, et chauffage s'il est électrique.
C'est grâce à cette séparation qu'une panne dans la cuisine n'éteint pas les chambres, et qu'on retrouve vite l'appareil en cause. Si le courant saute régulièrement chez vous, c'est souvent qu'elle n'a jamais été faite : notre page sur les plombs qui sautent explique pourquoi.
Durée, budget et vie pendant les travaux
Comptez une à trois semaines selon la surface et le nombre de saignées. Le budget démarre à 150 €/m² TTC avec de l'appareillage de marque courante, hors reprises de plâtre, de peinture ou de parquet, qui se chiffrent à part.
Peut-on rester dans le logement pendant les travaux ? Dans la plupart des cas, oui : on avance pièce par pièce et on remet le courant chaque soir. La cuisine et la salle de bains sont les deux points délicats, parce qu'elles regroupent les circuits spécialisés. On s'organise pour ne pas les priver de courant en même temps. En rénovation lourde, avec les murs ouverts, mieux vaut en revanche prévoir de loger ailleurs quelques jours. On vous le dit avant de commencer.
Côté budget, la TVA à 10 % s'applique aux logements de plus de deux ans, et notre page sur les aides à la rénovation électrique fait le point sur le reste. Nos tarifs d'électricien à Paris sont en ligne. Pour un chiffrage précis, contactez-nous : la visite est gratuite et le devis détaillé arrive sous une semaine.
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