Il arrive un moment où réparer circuit par circuit revient plus cher que tout reprendre. Ce moment n'est pas toujours facile à identifier, et beaucoup de propriétaires repoussent la décision faute de savoir ce qui les attend concrètement. Voici donc le déroulé réel d'une refonte complète : ce qu'on enlève, ce qu'on garde, combien de temps ça prend et ce que ça coûte. Pour le cadre général, notre page rénovation électrique reprend l'ensemble du sujet.
Quand refaire tout plutôt que réparer
Trois situations justifient une refonte complète plutôt que des reprises ponctuelles.
La première, c'est l'absence de terre généralisée. Si aucun circuit du logement n'a de conducteur de protection, il n'y a rien à rattraper : il faut retirer des câbles neufs partout. Ajouter un différentiel sur une installation sans terre revient à mettre une ceinture de sécurité sur un siège mal fixé.
La deuxième, c'est le sous-dimensionnement systématique : du 1,5 mm² sur des circuits de prises, des sections insuffisantes pour la cuisine, un seul circuit qui alimente la moitié du logement. Là encore, on ne rattrape pas circuit par circuit sans finir par tout refaire, plus cher et en plusieurs fois.
La troisième, c'est le chantier global. Si les murs sont ouverts pour d'autres corps de métier, si les cloisons sont à monter, c'est le moment : passer l'électricité à ce stade coûte deux à trois fois moins cher que de revenir après les finitions.
En dehors de ces cas, une reprise ciblée suffit le plus souvent — et notre page sur la mise aux normes électrique vous aide à situer ce qui relève de la sécurité et ce qui peut attendre.
Ce qu'on garde, ce qu'on remplace
C'est le point qui fait le plus varier un devis, et personne n'en parle : quand les gaines en place sont saines, on ne casse pas les murs, on remplace seulement les fils à l'intérieur.
Concrètement, on attache les nouveaux conducteurs aux anciens et on les tire à travers la gaine existante. L'opération demande de la méthode — une gaine coudée ou écrasée résiste — mais quand elle passe, elle change tout : pas de saignée, pas de rebouchage, pas de peinture à refaire. Sur un logement des années 70-80 équipé de gaines correctes, c'est souvent une économie importante par rapport à une reprise en saignées.
À l'inverse, certaines choses se remplacent systématiquement : le tableau, l'appareillage (prises, interrupteurs), et tous les câbles sous moulure bois ou sans protection mécanique. Les boîtes de dérivation emmurées, elles, doivent être rendues accessibles ou supprimées — la norme l'exige, et c'est aussi ce qui permettra la prochaine intervention sans tout rouvrir.
Le déroulé d'un chantier
L'ordre ne change presque jamais.
- Le repérage. On identifie les circuits existants, on relève les points à créer, on valide avec vous l'emplacement de chaque prise et de chaque commande. C'est l'étape où vos habitudes comptent plus que la norme.
- La dépose. Coupure générale, retrait de l'ancien appareillage et des câbles à abandonner.
- Le passage des câbles. Tirage dans les gaines existantes quand c'est possible, création de chemins nouveaux sinon — plinthe technique, faux plafond, saignée là où le support le permet.
- Les points et l'appareillage. Boîtes d'encastrement, prises, interrupteurs, points lumineux.
- Le tableau. Répartition des circuits, protections, repérage. Le détail est sur notre page dédiée à la rénovation du tableau électrique.
- Les essais. Continuité de la terre, déclenchement de chaque différentiel, mesure d'isolement, contrôle circuit par circuit avant remise en service.
Si l'installation est intégralement neuve, une attestation Consuel vient clore le chantier avant le raccordement du compteur.
Combien de circuits, et lesquels
Une installation correcte ne se mesure pas au nombre de prises mais au nombre de circuits. Un logement de trois pièces en compte généralement entre douze et seize : plusieurs circuits d'éclairage, plusieurs circuits de prises, et surtout les circuits spécialisés qui ont chacun leur ligne et leur protection — lave-linge, lave-vaisselle, four, plaque de cuisson en 32 A, et le chauffage s'il est électrique.
C'est cette séparation qui fait qu'une panne dans la cuisine n'éteint pas les chambres, et qu'un appareil défectueux se localise en deux minutes au lieu d'une heure. Quand le courant saute régulièrement chez vous, c'est presque toujours qu'elle n'a jamais été faite : notre page plombs qui sautent détaille le mécanisme.
Durée, budget et vie pendant les travaux
Comptez une à trois semaines selon la surface et selon qu'il faille ou non ouvrir les murs. Le budget démarre à 150 €/m² TTC avec de l'appareillage de marque courante, hors reprises de finition — plâtre, peinture, parquet — qui se chiffrent à part.
Peut-on habiter sur place ? Dans la plupart des cas oui : on travaille pièce par pièce et on rétablit le courant chaque soir. La cuisine et la salle de bains sont les deux points sensibles, parce qu'elles concentrent les circuits spécialisés ; on s'organise pour ne pas les neutraliser en même temps. En rénovation lourde avec les murs ouverts, en revanche, mieux vaut prévoir de vous installer ailleurs quelques jours — on vous le dit avant de commencer, pas au milieu du chantier.
Côté budget encore, la TVA à 10 % s'applique sur les logements de plus de deux ans, et notre page sur les aides à la rénovation électrique fait le point sur le reste. Nos tarifs d'électricien à Paris sont publics, et pour un chiffrage précis, contactez-nous : la visite est gratuite, le devis détaillé arrive sous une semaine.
Demandez votre devis gratuit. Réponse sous 48h, devis détaillé sous une semaine.
Demander un devis